Temps d’arrêt. Jean Mattern

Jean Mattern: "Le confinement a provoqué un anéantissement volontaire de toutes nos fonctions sociales, afin de préserver nos fonctions vitales biologiques. J’ai trouvé quelque chose de très beau dans cette volonté collective de mettre la vie au-dessus de toutes les autres considérations, économiques ou politiques. J’ai appris à vivre avec une seule personne, pendant deux mois, sans que cette relation soit enrichie par le tissu professionnel, amical et social au sens large."

Temps d’arrêt. Muriel Augry

Muriel Augry: "Un insolite « no man’s land » temporel. En effet tout repère fut réduit à néant, pendant les deux ou trois longs mois qu’il s’installa en Europe. Le lundi était semblable au mardi, le mardi au mercredi et rien ne distinguait les jours de la semaine de ceux du week-end. Les jours, mais aussi les heures se rétrécissaient ou s’allongeaient, sans mobile réel. Mais cette confusion, qui aurait pu se révéler un handicap, devint  richesse infinie."

Temps d’arrêt. Georges Banu

A l'heure de la réouverture des portes, nous marquons, sur le seuil, un temps d’arrêt. Georges Banu: "Ma femme a voulu sortir un jour et, prise d’inquiétude face au désert urbain, est revenue et nous nous sommes consolés en regardant la vue de la rue Rivoli de notre balcon qui semblait être une peinture métaphysique de De Chirico." 

La résurrection de Cioran. Sa «moïeutique »

Parmi les dernières approches qui interrogent pertinemment les œuvres du philosophe, l’étude signée par Mihaela-Gențiana Stănișor, La moïeutique de Cioran (Classiques Garnier) ose s’attaquer à un Cioran bifrons et analyser d’une manière intime ce qui différencie la création en langue roumaine et les écrits en langue française. On dit bien d’une manière intime, parce que, maitre-assistante à l’Université Lucian Blaga de Sibiu, au centre de la Roumanie, Mihaela-Gențiana Stănișor, spécialiste de Cioran et de littérature française du XVIIème siècle, a non seulement une grande sensibilité littéraire et un vif esprit analytique, mais bilingue, elle peut décortiquer en mille nuances les « constances et surtout les différences » que connait l’art littéraire de Cioran à travers le changement de langue.

Divagations avec Cioran, le prophète de l’isolement. Deux inédits.

Cioran, exquis compagnon de confinement. Lorsque, de surcroît, le temps devient un surplus inespéré, l’injonction d’embrasser le chez soi comme la seule frontière sociale admissible retentit hélas comme un écho cioranien par excellence. Mais, jubilation paradoxale, on ne s’ennuie jamais avec Cioran, le prophète de l’isolement. Deux inédits:

Une correspondance inédite d’Émile Picot, secrétaire de Charles 1er, prince de Roumanie. Entretien avec Cécile Folschweiller, l’éditrice de l’ouvrage

Cécile Folschweiller: "On passe des soucis de garde-robe sur les gants et les chapeaux aux considérations géopolitiques, des repas du prince Charles aux théâtres bucarestois, des magouilles de l’entreprise française Godillot aux mesquineries de Friedländer (évoquées si besoin dans des passages chiffrés), de la réception chez le Sultan à Istanbul à la question juive, de l’admiration de Picot pour les confitures et les cochers roumains à son désespoir de ne jamais pouvoir apprendre la langue locale puisque tout le monde parle français et allemand au palais, du voyage aller à travers l’Europe à l’entrevue finale par laquelle le prince Charles le congédie. Bref, une expérience de vie au cœur de la grande histoire, riche d’informations pour l’historien et émouvante par le naturel avec lequel elle est racontée."

Confinement magique. Tranches poétiques #2

Tranches poétiques. Titres en français, poètes de Roumanie: chanter bouche close la voie du serpent la moquette de Klimt le collier de cailloux la ventolière en plastiques l'étoile la plus triste ș.a.m.d., ș.a.m.d... blues pour chevaux verts

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :