#morceauxchoisis Mihail Sebastien, Promenades parisiennes et tramways bucarestois

Promenades parisiennesZoom sur la page 127. « Il est amusant par exemple de voir ce qui se passe dans un autobus ou un tramway à Paris. Les places de première restent toujours libres. La différence de tarif et de trente centimes seulement, mais cette somme représente une valeur très précise pour la mentalité française.

 

Tandis qu’à Bucarest, vous l’avez certainement remarqué, tout le monde se presse en première dans le tramway. Monter en seconde équivaudrait à une espèce de déshonneur et j’ai vu plus d’une fois des voyageurs debout dans la cohue pour payer un leu de plus, tandis que le wagon de seconde était vide.

Pour ce que l’on pourrait appeler la « psychologie de la rue », ce contraste entre tramways bucarestois et parisiens revêt une signification savoureuse.

A Paris, voyager en premier me gêne s’il y a encore des places libres en seconde, sur la plate-forme. Je crains d’avoir l’air provocateur ou farfelu et de devoir supporter des regards ironiques. »

Mihail Sebastian (1907-1945), « A propos du « bas de laine », publié dans Rampa en 1936. Promenades parisiennes, L’Herne, traduit du roumain par Alain Paruit, 2007, pages 127-128.

 

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