#carteblanche Andrei Mihăilescu, Cadres de mémoire

Andrei Mihailescu Cadres de mémoire

« Cet ordre social, la Roumanie de Ceaușescu, fondé sur le harcèlement de tous par presque tous, éveillait en moi une répulsion et une peur intenses. C’est pourquoi je n’ai pas gardé d’objet qui me rattache au pays. À l’exception d’un livre que j’ai perdu entre temps : l’édition originale de L’Œil de cigale d’Ana Blandiana. En faisant mes bagages, j’avais mis dans ma valise 5 ou 6 livres, mais mes parents m’ont averti qu’en cas de contrôle des bagages, cette pile de livres aurait éveillé des soupçons, car nous partions officiellement pour deux semaines. J’y ai donc renoncé et j’ai seulement pris ce volume, parce qu’il me rappelait mes amis du lycée et du cercle littéraire où je l’avais lu. »

« Je n’ai pas gardé d’objet qui me rattache au pays »

Andrei Mihăilescu, écrivain, s’est réfugié en Suisse avec sa famille en 1981. Il a étudié l’informatique, les sciences politiques et ethnologiques à Zurich.

Catalogue de l’exposition Cadres de mémoire/Cadre de memorie, (29 novembre-29 décembre 2017, Institut Culturel Roumain de Paris).

Un projet du Musée National de la Littérature Roumaine de Iasi, coordonné par Cristina Hermeziu et Monica Salvan. Conception graphique : Corneliu Grigoriu.

 

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