#morceauxchoisis Ana Blandiana, Ma patrie,A4

couverture Ana Blandiana A4Murs d’argile 

« Nous sommes ici

Entre des murs d’argile,

Avec la vache des voisins,

Dont nous buvons le lait

Chaque soir,

Trait par des mains gercées et raides

Comme du bois mort.

 

Nous sommes ici

Parmi les vieux pruniers

Qui n’ont plus la force de donner des fruits

Et les paysannes trop vieilles pour enfanter des paysans.

Nous sommes ici

Nous nous sentons bien et comme chez nous

Dans ce monde

Qui nous apprend à mourir. »

ana blandiana

Paiantă

« Stăm aici

Între pereții de paiantă

Cu vaca din vecini

Al cărui lapte îl bem

În fiecare seară

Muls de mâinile crăpate și țepene

Ca niște vreascuri.

Stăm aici,

între prunii bătrâni

Care nu mai au putere să rodească

Și țărăncile prea bătrâne să mai nască țărani.

Stăm aici

Simțindu-ne bine și acasă

În această lume

De la care învățăm să murim. » 

Extrait du recueil : Ana Blandiana, Ma patrie A4, éditions Black Herald Press, traduit du roumain par Muriel Jollis-Dimitriu, introduction de Jean-Pierre Longre, ouvrage bilingue, 2018, 126 pages, 15  € .  

Née en 1942 près de Timişoara, Ana Blandiana est la poétesse emblématique d’une Roumanie entre oppression et créativité. Auteur d’une œuvre délicate presque totalement méconnue en français en dépit de sa notoriété de femme engagée auprès de la société civile, Ana Blandiana est aussi l’auteur d’un roman polyphonique sur les conditions de la création littéraire dans une société fermée et totalitaire (Sertarul cu aplauze). Après la publication de son premier poème paru sous le pseudonyme d’Ana Blandiana, elle fut dénoncée comme « fille d’un ennemi du peuple » et se vit empêchée de s’inscrire à la Faculté pendant quatre années de suite. Après ce faux départ imposé par le régime communiste, elle se réinscrit en 1963 à la Faculté de philologie de Cluj et publie, en 1964, son premier recueil de poèmes au titre annonciateur de ses engagements futurs : La Première personne du pluriel. Ana Blandiana crée en 1990 l’Alliance civique, maillon essentiel dans la vie de la « polis » après la chute de la dictature. Elle fonde également le Mémorial des Victimes du Communisme et de la Résistance, à Sighet (nord de la Roumanie). Elle a été traduite dans de nombreuses langues.

En français:

Ma patrie A4, poèmes traduits par Muriel Jollis-Dimitriu, introduction de Jean-Pierre Longre, ouvrage bilingue, éd. Black Herald Press, 2018.

Les Saisons, nouvelles traduites par Muriel Jollis-Dimitriu, éd. Le visage vert, 2013.

Autrefois les arbres avaient des yeux, poèmes traduits par Luiza Palanciuc, éd. Librairie Bleue, Troyes, 2005.

Clair de mort, poèmes traduits par Gérard Bayo, éd. Librairie Bleue, Troyes, 1996.

L’architecture des vagues, poèmes traduits par Hélène Lenz, éd. Les ateliers du Tayrac, Saint-Jean-de-Bruel, 1995.

Étoile de proie, poèmes traduits par Hélène Lenz, éd. Les ateliers du Tayrac, Saint-Jean-de-Bruel, 1991.

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