#RentréeLittéraire Christian Haller, La musique engloutie

 

Le livre : Christian Haller, La musique engloutie, traduit de l’allemand par Jean Bertrand, Editions Zoé, 2018.

Christian Haller

Les parfums de la Mitteleuropa et l’histoire familiale de Christian Haller dont la mère part pour toujours d’un Bucarest où il faisait bon vivre, avant les grands bouleversements de la Seconde Guerre Mondiale et de la dictature…

Une écriture picturale où, avec ses ciseaux de velours, la mémoire affective taille des tableaux presque musicaux.

 

L’auteur : Né en 1943 à Brugg en Suisse, Christian Haller est biologiste et écrivain. Voix majeure de la scène littéraire, suisse alémanique, il a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix Schiller 2007 et le Prix des arts du canton d’Argovie en 2015.

Les bonnes feuilles :

« nous étions en 1926, la famille S. quittait définitivement la Roumanie, aucun de ses membres ne la reverrait plus, et Grand-Père avait décidé, cette fois-là, de voyager posément, dans un cadre digne de leur condition et d’en savourer le plaisir, c’est-à-dire en bateau, en remontant le Danube de Giurgiu jusqu’à Vienne. On voulait rallier la Suisse tranquillement et d’une façon qui, en dépit de toutes les incertitudes liées à l’avenir, ne laisserait planer aucun doute sur leur rang social (…).

Je vois ma mère comme une petite fille en robe blanche, avec un gros nœud dans ses cheveux blonds, elle marche à côté de ses parents, les jambes nues et halées, les pieds dans les sandales. Encore quelques pas et elle passera la porte, franchira la lumière de cet après-midi-là, disparaitra à jamais d’une façon qui reste pour moi mystérieuse et me laisse en proie aux conjectures, descendra la passerelle – selon toute vraisemblance – et fera une découverte qu’elle m’a souvent racontée : l’ample fleuve qui glissait dans le paysage, ce Danube dont on lui avait tant parlé, il n’était pas bleu, mais jaunâtre. Et peut-être c’est à cause de cette attente naïve qui l’avait tant déçue que je l’imagine comme une fillette de cinq ou six ans, alors qu’au moment du départ de Roumanie, elle était déjà une demoiselle de dix-sept ans. » (pages 11, 12, et 14)

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