#morceauxchoisis L’écrivaine Gabriela Adameșteanu participe au Festival International de littérature et de traduction – FILIT, à Iași

QUI : Gabriela Adameșteanu est née en 1942. Romancière et nouvellistes, elle est considérée comme l’une des voix les plus importantes de la littérature roumaine, aux côtés de Norman Manea et de Mircea Cărtărescu. Elle est notamment l’auteur d’Une matinée perdue (2005), de Vienne le jour (2009) et de Situation provisoire (2013).

Gabriela Adamesteanu

QUOI : L’écrivaine Gabriela Adameșteanu participe au Festival International de Littérature et de Traduction (FILIT) de Iași, en Roumanie. La 6ème édition de festival a lieu entre le 3 et le 7 octobre 2018.

QUAND et OÙ : le 3 octobre, 20h, Théâtre National « Vasile Alecsandri », Iasi :

Rencontre littéraire avec les romancières Gabriela Adameșteanu et Sylvie Germain.

Une soirée animée par Pascal Jourdana.

Le FILIT est un événement proposé et organisé par le Musée National de la Littérature Roumaine de Iasi.

Morceaux choisis

« Rue Coriolan

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Gabriela Adamesteanu Situation provisoire

Autrefois, si elle avait dû rester là des journées de suite sans sortir, elle aurait cru que le plafond allait lui tomber sur la tête. Elle s’arrangeait toujours pour décamper. Un jour chez l’un, le lendemain chez l’autre, elle faisait sa tournée, elle ne rentrait de nulle part les mains vides, sans compter qu’elle causait, apprenait les derniers potins, parce que sinon, passer tout son temps avec son muet de mari, se serait à se flinguer. Eux deux, ils n’ont jamais rien eu à se dire et puis, d’ailleurs, de quoi parler avec son homme ?

– L’homme, il doit te connaitre qu’au-dessous du nombril, dit-elle, et alors sa belle-sœur, la voilà qui prend des airs de sainte-nitouche :

– Ho ! Vica, fais attention, y a le gamin qui t’entend…À ton âge, débiter des gaudrioles…

– Pfuitt… ! Qu’est-ce qui ça fait s’il entend ? Tant mieux ! Tu crois que tu vas le garder encore longtemps dans tes jupes ? Te bile pas, j’ai fréquenté des grandes maisons, moi, je sais comment elles causent, les dames de la haute…Partout où j’ai été, je me suis bien entendue, tout le monde il m’aimait et il m’appréciait, et chez Mme Ioaniu, qu’est-ce que je pouvais rire avec elle et avec Ivona !

Une muette aussi, la belle-sœur, il faut un forceps pour lui tirer les mots de la bouche… Son pauvre frère, tant qu’il a vécu il a été entiché d’elle, parce que les hommes c’est comme ça, ça s’entiche d’une femme. Sauf le sien, elle n’a jamais pu le sortir de ses rails, déjà quand elle était jeune, elle écoutait tous ses sermons, et qu’est-ce qu’elle pleurait, quel mouron elle se faisait, elle maigrissait à vue d’œil…Jusqu’à ce jour-là où sa marraine est venue la voir, Dieu ait son âme. »

(Gabriela Adameșteanu, Une matinée perdue. Traduit du roumain par Alain Paruit. Gallimard, Folio, 2005, pages 11-12.)

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