Marque-page: « La Femme qui a mangé les lèvres de mon père » de Tudor Ganea

Le Livre : « La Femme qui a mangé les lèvres de mon père » de Tudor Ganea, traduit du roumain par Florica Courriol, Le Nouvel Attila, couverture par Tom de Pékin, 2020.

Marque-page: « Alors on voit les immeubles sous l’eau comme si c’était en gelée. »

Univers : Sur le Danube, un mystérieux porte-cigarettes au chant ensorcelant est transmis de génération en génération pour que des peuples de pêcheurs restent les esclaves du désir.  

Une fable étrange et poétique qui repose aussi sur le rapport troublant entre la nature et l’artefact urbain, comme si l’humain et sa capacité transformatrice de l’environnement ne pouvaient jamais rivaliser avec l’impulsion de vie et sa dimension fabuleuse.  

Style : Oralité et langage argotique greffés sur une écriture visuelle et un puissant souffle mythologique. L’étrangeté poétique des images découle de la métamorphose incessante du décor, de l’alliage presque liquide entre le minéral et le végétal, entre les lieux et les âmes.  

Citation :

« Le jeune homme blond s’éloigna de la digue et se mit à nager lui aussi en direction des pêcheurs. Lorsqu’il arriva près d’eux, il s’arrêta, inspira profondément puis plongea jusqu’au fond de l’eau où il s’accrocha à une grosse pierre fichée dans le sable. Caché derrière elle, le jeune homme observa, au comble de l’étonnement, la scène : les pêcheurs qui étaient plus de cent s’étaient arrêtés de nager et flottaient maintenant à la surface, les uns sur le dos, d’autres sur le ventre, pour attendre le banc de maquereaux qui ne tarderait pas à arriver. Ils étaient tous nus et portaient accrochés à même la peau des bras, des jambes et même du dos, des dizaines d’hameçons auxquels étaient fixés des fils de nylon d’environ trois mètres sur lesquels étaient attachés d’autres hameçons portant des mouches jaunes qui s’agitaient de manière alléchante dans l’eau. Monture spéciale. Vus de bas en haut, les pêcheurs ressemblaient à des méduses dont les tentacules caressaient langoureusement l’eau dans l’attente de la proie. Les maquereaux ne tardèrent pas à apparaître. »

L’auteur :

Tudor Ganea, né en 1983 à Bucarest, a suivi des études d’architecture à l’Ecole supérieure d’architecture Ion Mincu de Bucarest. Il travaille actuellement dans la capitale roumaine et passe ses vacances à Constanta, au bord de la mer Noire, ville de son enfance. Il a été nominé au Festival du premier roman de Chambéry en mai 2017 et a reçu, depuis, de nombreux prix. Il a ensuite publié trois autres romans, tous aux éditions Polirom : Miere (Miel) en 2017 ; Porci (Les Porcs), un roman dystopique en 2018, et 8 (Huit) en 2019. (éditions Le Nouvel Attila)

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