Patrimoine littéraire et outils numériques. Les rencontres de Bourges

Comment s’emparer des nouveaux outils numériques et les mettre au service de la culture en général, et du patrimoine littéraire en particulier ? Voilà un défi dont la pandémie a accéléré la prise de conscience, tout en inspirant des réflexions riches et des mutations importantes et rapides dans le champ de la communication culturelle. Ce fut précisément la thématique des 16es Rencontres de la Fédération nationale des Maisons d’écrivain et des Patrimoines littéraires de France qui ont eu lieu à Bourges du 18 au 20 novembre 2021.

Quelques temps forts des Rencontres de Bourges:

Au questionnement sur la façon de tirer le meilleur parti d’internet et des réseaux sociaux ont su répondre des influenceurs invités comme Justine Delassus, qui anime sur Instagram le compte @bernadettepivote ou encore Antoine Vitek, le fondateur du blog Culturez-vous. Pas de dichotomie entre la communication numérique et la visite des lieux, assurent ces férus de réseaux sociaux, si la mission reste celle d’un travail de médiation sensible et de démocratisation de la culture.

Quels outils employer et comment mettre en ligne les collections – c’est ce que se sont demandés des professionnels du patrimoine littéraire lors d’une rencontre modérée par Bénédicte Duthion, présidente du réseau normand des maisons d’écrivain et co-directrice du colloque Jardin & Littérature.  

Ne pas annuler des rencontres mais rebondir et réinventer sur internet un ample festival de littérature est un exploit considérable. Ce fut le cas du Festival Résonnances (du 20 mars au 20 avril 2021), dédié aux rencontres du patrimoine littéraire et de la création. Le témoignage de Geneviève Tricottet, représentante du réseau des maisons d’écrivain des Hauts-de-France, qui a raconté cette expérience à mi-chemin entre rencontres réelles et virtuelles, a été édifiant. D’ailleurs, tous les débats ou les concerts, les conférences ou les lectures sont toujours disponibles sur le site internet du Festival Résonnances, accessible jusqu’à la fin de l’année 2021.

François Bon

En guise de conclusions (…poétiques), l’écrivain François Bon a dressé lors de sa conférence une liste de possibles (ou impossibles) relations amoureuses avec les maisons d’écrivain, librement envisagées du point de vue de l’émotion qu’elles suscitent. « On vit dans l’imprédictible. La maison c’est maintenant », a tranché l’auteur, qui se définit lui-même comme « chercheur inventeur en objets web de littérature ».

Organisées sous la houlette de Sophie Vannieuwenhuyze, déléguée générale de la Fédération nationale des maisons d’écrivain & des patrimoines littéraires, et présidées par David Labreure, directeur de la Maison d’Auguste Comte, les rencontres de Bourges ont été aussi une belle occasion pour continuer de tisser des liens entre la France et la Roumanie dans le domaine du patrimoine littéraire.

Si nous avons eu la chance de découvrir cette riche édition de l’année 2021, c’est grâce à Monica Salvan, chargée de projets internationaux au Musée de la Littérature de Iași, invitée par la fédération dans le cadre d’un partenariat initié lors du Festival International de Littérature et Traduction (FILIT).

Zoom France Roumanie lui donne carte blanche pour nous faire découvrir l’historique et les perspectives du dialogue qui s’est mis en place entre des maisons d’écrivain de France et de Roumanie.

Le Musée National de la Littérature Romaine de Iași aux 16es Rencontres de la Fédération nationale des Maisons d’écrivain et des Patrimoines littéraires de France

par Monica Salvan

« Constituée de plus de 220 membres, la Fédération nationale des Maisons d’écrivain et des Patrimoines littéraires de France, qui a organisé cette année ses 16es Rencontres (Bourges, 18-20 novembre 2021), a été fondée en 1997 suite à la convergence de plusieurs initiatives. Depuis le premier contact du Musée National de la Littérature Roumaine de Iași avec la Fédération, qui a eu lieu en 2018, plusieurs événements nous ont obligés à regarder différemment la mission des musées et à mieux apprécier les bénéfices d’un travail en réseau.

Monica Salvan et Béatrice Labat Bourges, 2021

En octobre 2018, Béatrice Labat, conservatrice au Musée « Edmond Rostand – Villa Arnaga » (Maisons d’écrivain de Nouvelle Aquitaine), était notre invitée au Festival International de Littérature et Traduction Iași – FILIT, en Roumanie. Le lien s’est fait notamment par le biais de la traduction, plus précisément par une exposition réalisée par notre collègue Beatrice Panțiru à la « Villa Sonnet» à partir des éditions de Cyrano de Bergerac en différentes langues. Certains des ouvrages exposés avaient servi au poète et traducteur roumain Mihai Codreanu (1876-1957), ancien propriétaire des lieux, dans son propre travail de transposition de la pièce en roumain.

En tant que Vice-présidente de la Fédération, Béatrice Labat nous a ouvert la voie vers d’autres collaborations. Le réseau des maisons d’écrivain des Hauts-de-France, représenté par Geneviève Tricottet, devait accueillir à Amiens une exposition d’affiches théâtrales de la fin du dix-neuvième siècle, notamment des représentations des œuvres d’Alexandre Dumas père et fils mises en scène a Iași. Programmée en mars 2020 dans le cadre du festival Résonances, cette collaboration a dû être remise à plus tard. Au printemps 2021, nous avons pu présenter dans l’édition en ligne du festival quelques documents à l’occasion du bicentenaire de la naissance du poète et diplomate roumain Vasile Alecsandri (1821-1890).

Cette année, suite aux échanges avec le Musée « Frédéric Mistral » de Maillane, les lettres envoyées par Vasile Alecsandri à Frédéric Mistral de 1878 à 1887 sont mises en lumière dans une installation vidéo intitulée « Dernière minute, Maillane – Mircești », réalisée par l’artiste visuel Corneliu Grigoriu, avec le soutien de l’Institut Français de Iași.

Si l’édition 2018 des Rencontres de la Fédération avait réuni à Bourges de nombreux partenaires internationaux (Espagne, Hongrie, Italie, Portugal, Russie etc.), cette année les invités étrangers, moins nombreux, venaient d’Allemagne, de Belgique et de Roumanie. Au-delà de cette ouverture internationale naissante pour certaines maisons d’écrivain qui font partie du Musée National de la Littérature Romaine Iași, la Fédération nous a également permis de suivre régulièrement les actions des membres du réseau français et leurs efforts pour s’adapter au contexte pandémique. Les 16e Rencontres de Bourges se sont d’ailleurs employées à encourager la réflexion sur les nouveaux outils numériques au service des maisons d’écrivain et des patrimoines littéraires, afin de repenser le lien avec le public pendant cette période qui met à l’épreuve les démarches muséographiques traditionnelles. » (Monica Salvan)

Rédigé par Cristina Hermeziu.

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