Livre désirable. Alina Nelega, « Comme si de rien n’était »

Servi par une plume sincère, ce roman d’amour, également politique et social, s’attaque nonchalamment à une thématique taboue et à une époque oppressante : « Comme si de rien n’était » est l’un des rares romans roumains à traiter de l’homosexualité féminine sous Ceausescu.

Attention, livre désirable ! « Le livre des nombres » de Florina Ilis

J’aime la respiration large des romanciers, j’aime leur obstination d’échafauder des cathédrales de papier solides, imposantes, insurpassables. Portée par un souffle de monumentalité - Le Livre des nombres de Florina Ilis a plus de 500 pages -, cette saga transylvaine s’ouvre sur des scènes d’une beauté ancestrale époustouflante. Soudain, un paysan veut tuer ses bœufs...

Le pogrom de Iassy dans un roman à l’humour cru : « Les Oxenberg et les Bernstein » de Cătălin Mihuleac.

Jean-Michel Bérard: "Les Oxenberg et les Bernstein est l'un des livres les plus forts que j'aie pu lire ces dernières années. De ceux qui vous marquent pour longtemps, sinon toute votre vie de lecteur. Je l'ai dévoré voici deux ans sous son titre d'origine, « America de peste pogrom » et l'ai redécouvert ces jours-ci dans l'excellente traduction de Marily Le Nir. L'ébranlement que j'en ai reçu est intact."

« La Ville aux acacias » de Mihail Sebastian : roman d’amour culte et légende littéraire

Dans le cocon ouaté d’une famille bourgeoise de la Roumanie des années 1920, Adriana Dunea s’éveille aux soubresauts de sa vie de jeune fille. L’indicible métamorphose se fait haute littérature sous la plume de l’écrivain roumain de culture juive Mihail Sebastian qui a publié "La ville aux acacias" à vingt-huit ans, en 1935. Un météore d’un talent fou, une légende en Roumanie. Traduit en français par Florica Courriol.

« La signification du masque » d’après Zacharias Lichter. Un livre culte

"La vie est les opinions de Zacharias Lichter". Etrange prophète, poète des tréfonds mystiques, métaphysicien en haillons, clown visionnaire et sage déchu, philosophe de l’absurde et insolent fou du roi, ange doux et démon inquiétant, imbécile lucide, clairvoyant scandaleux... Un demi-siècle après sa naissance romanesque dans une Roumanie en corset idéologique, le curieux personnage du roman de Matei Calinescu (1934-2009) a tout pour interpeller le lecteur d’aujourd’hui. Qui, de nos jours, pourrait nommer les choses à haute voix sans grimacer comme un clown, sans couvrir son visage d’un masque ?

Max Blecher, un météore littéraire

Max Blecher. Son écriture hallucinée et sensitive, explorant avec acuité son enfance moldave dans une famille juive, fascine l’éditeur Maurice Nadeau qui publie son titre-phare en 1973. Aventures dans l'irréalité immédiate, avec une Préface d'Ovid S. Crohmalniceanu, a connu trois éditions et, en 2013, la traduction de Mariana Sora a obtenu le Prix Nocturne, destiné à récompenser "un livre remarquable par son style, l'originalité de sa conception et l'oubli dans lequel a sombré son auteur".

La résurrection de Cioran. Sa «moïeutique »

Parmi les dernières approches qui interrogent pertinemment les œuvres du philosophe, l’étude signée par Mihaela-Gențiana Stănișor, La moïeutique de Cioran (Classiques Garnier) ose s’attaquer à un Cioran bifrons et analyser d’une manière intime ce qui différencie la création en langue roumaine et les écrits en langue française. On dit bien d’une manière intime, parce que, maitre-assistante à l’Université Lucian Blaga de Sibiu, au centre de la Roumanie, Mihaela-Gențiana Stănișor, spécialiste de Cioran et de littérature française du XVIIème siècle, a non seulement une grande sensibilité littéraire et un vif esprit analytique, mais bilingue, elle peut décortiquer en mille nuances les « constances et surtout les différences » que connait l’art littéraire de Cioran à travers le changement de langue.

Divagations avec Cioran, le prophète de l’isolement. Deux inédits.

Cioran, exquis compagnon de confinement.

Lorsque, de surcroît, le temps devient un surplus inespéré, l’injonction d’embrasser le chez soi comme la seule frontière sociale admissible retentit hélas comme un écho cioranien par excellence. Mais, jubilation paradoxale, on ne s’ennuie jamais avec Cioran, le prophète de l’isolement. Deux inédits:

Vidéo. Confinement magique: Ștefan Agopian, Sara.

Confinement magique. Écoutons la voix des poètes et des écrivains. La comédienne Mădălina Constantin lit les plus beaux textes de la littérature roumaine, traduits en français. Épisode 2 : Ștefan Agopian, „Sara”. (cliquez  ici) Page 140. Extrait du roman Sara, traduit par Laure Hinckel pour les éditions Jacqueline Chambon. Merci à Mădălina Constantin de prêter sa voix à titre... Lire la Suite →

Radu Bata, Le blues roumain. Une anthologie insolite de poésies roumaines.

Radu Bata, poète et traducteur, a osé le dire et son hérésie est splendide : « il n’y a pas de hiérarchie dans la poésie ; il n’y a que l’émotion et le plaisir. »
57 de poètes roumains et leurs 100 poèmes, toutes époques confondues, se retrouvent ensemble, dans un caléidoscope poétiquement jubilatoire qui porte bien son nom : Le blues roumain. Anthologie imprévue de poésies roumaines, dans la traduction « inopinée » de Radu Bata, publiée par les éditions Unicité.

La fête de Lastotchka dans Le jardin de verre. Tatiana Țîbuleac publie un nouveau roman

"Le jardin de verre", le deuxième roman de Tatiana Țîbuleac, prix de l'Union Européenne de littérature 2019, vient d’être publié chez Syrtes et sera en librairies le 19 mars 2020. 

Lastotchka. Une fillette de 7 ans raconte son enfance, sordide et miraculeuse, de ramasseuse de bouteilles dans un quartier pittoresque de Chisinau où, dans les années 1980, le russe et le roumain se disputent le droit de cité.   

L'écrivaine roumaine a rencontré le public le jeudi 5 mars à l'Hotel de Béhague de Paris , dans la Salle Byzantine de l'Ambassade de Roumanie en France.

« Pour le prix de ma bouche ». Poésie roumaine post-communiste.

Rien que répertorier « les familles » littéraires et leurs poétiques et c’est la vivacité de la poésie roumaine qui saute aux yeux, toutes époques confondues : les poètes sont « postmodernes » ou « fracturistes », « néo-expressionnistes » ou « minimalistes », « hyperréalistes » ou « déprimistes ». De cette « floraison poétique » que la critique « a du mal à cartographier », le traducteur Jan H. Mysjkin transpose en français une belle brochette de 25 poètes roumains d'aujourd'hui.

Matei Vișniec, le Marchand de premières phrases

Désormais, pour écrire un livre, il y a des logiciels et surtout des patchs que l’on colle à même la peau afin de capter nos tressaillements de vie et les transposer en pages couvertes d’une écriture parfois intensément érotique. Une affaire... littéraire, racontée par Matei Vișniec. Troublant.

Troubadours d’une langue à l’autre. Les poèmes de Rodica Draghincescu

Le roumain et le français font l’amour et enfantent. Tout poème de Rodica Draghincescu porte en creux ce mot de passe - l’être e(s)t lettre -, et les mots offrent leurs maux (de pays) en libre-service : 2 en 1, si vous voulez bien, pile et face en même temps, surtout si vous êtes entre deux – deux cultures, deux contrées, deux langues, deux amours, deux âges.

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