#chronique Les Mille et Une Vies d’Eminescu

"Les vies parallèles" de Florina Ilis. D’aucuns vont goûter la romance « de la plus belle des nuits » que la poétesse Veronica Micle et le poète Mihai Eminescu auraient vécue dans leur vie si fulgurante, bénie pourtant par une courte époque de félicité mélancolique. L’imaginaire de chacun est bien servi, on a largement le choix: l'amant, le lunatique, le journaliste, le toqué, le philosophe, le traqué, le poète, le conspué, le réactionnaire, le divinisé montent sur la scène de deux siècles et fomentent le mythe Eminescu...

#lesbonnesfeuilles „La vie commence vendredi” : la promesse d’Ioana Pârvulescu

Il y a des livres qui sont des fauteuils de luxe. On s’y love et on se laisse porter par le film unique que seule la littérature est capable de projeter sur notre écran intime, avide d’évasions. Traduit du roumain par Marily le Nir pour Le Seuil, « La vie commence vendredi » d’Ioana Pârvulescu est de ces livres-là : ouaté, le style enveloppe en douceur et l’univers, découpé de l’époque où il faisait bon vivre, séduit d’instinct.

#lesbonnesfeuilles „Hôtel Universal”, vue imprenable sur jardin de rosiers

Les épices et les douceurs du monde balkanique, moulues dans le creuset de Bucarest par un commerçant devenu un fameux confiseur, font le charme d’une envoûtante saga familiale. Cette histoire qui traverse 150 ans de transmissions matriarcales – “des vérités de femmes” – est reconstruite par l’étrange Maia, jeune locataire du sulfureux Hôtel Universal, ancien lupanar, refuge de la Securitate au temps des communistes, recyclé en foyer étudiant après la révolution roumaine de 1989.

#lesbonnesfeuilles „La Jeune Épouse”, d’Alessandro Baricco : tomber sous le charme

Pensez à mettre de la crème solaire avant de plonger dans ce livre ensoleillé avec vue sur l’initiation érotique de la Jeune Épouse. Une histoire d'amour signée Alessandro Baricco, qui n'hésite pas à emprunter des chemins détournés... Des jours de grosses chaleurs, « étouffantes et impitoyables », la Famille connaissent sur ses terres d’Italie du début du XXe siècle. « Le Père, la Mère, la Fille, l’Oncle. Temporairement à l’Étranger, le Fils. Sur l’Ile » nous annonce d’un coup sec de pinceau Alessandro Baricco, l’aquarelliste. On s’invite donc avec délice dans la fraîcheur de leur salon à petits-déjeuners interminables et dans leurs vies, bridées par une peur commune :

#lesbonnesfeuilles « Dernier été en Bretagne » : bouleversante élégie d’exil par Ada d’Albon

Chaque été, depuis 33 ans, comme une amante plus que fidèle, Ada d’Albon quitte Paris et prend rendez-vous avec l’océan dans le petit port de St Pierre Quiberon, en Bretagne. Son poignant “récit d’exil”, paré d’une couverture rouge - plaie et d’un splendide titre de film, s’ouvre abruptement avec cette aquarelle impitoyable : “Le crabe était mort. Le soleil l’avait desséché. Il a été arraché de son habitat et jeté dans le creux du rocher par une forte vague. L’océan, indifférent, a continué à se mouvoir sans lui. Aucune autre vague n’est remontée pour l’extraire du creux.” On plonge d’emblée dans une mélancolie presque froide, désemparés devant le pressentiment d’un aveu d’impuissance : l’argent manque, dernier été en Bretagne, donc.

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