Temps d’arrêt. La romancière Simona Sora

"Dans une Bucarest aux bibliothèques et librairies fermées j’ai lu tout ce que je n’avais pas lu de ma bibliothèque et ensuite j’ai commandé compulsivement (mais sélectivement) tous les livres dont j’avais un besoin vital. En même temps, j’ai essayé de parler avec de vieux amis de ce qui était en train de nous arriver. J’ai pourtant eu l’impression que nous étions comme dans le roman de Ludmila Oulitskaïa (sa deuxième partie), confinés sur des îles différentes, dans des bulles fermées, au-dessus des sables mouvantes..."

Temps d’arrêt. Sylvain Audet-Găinar

"j’ai beaucoup de mal à considérer cette période de confinement comme un « temps d’arrêt ». Au contraire ! Cette forte contrainte spatio-temporelle a représenté une remarquable occasion d’adaptation. Et donc, d’imagination. Pour mieux la décrire, je comparerais volontiers cette forme d’existence à celle de ces petits éléments colorés tournoyant dans un kaléidoscope. Impossible pour eux de s’extraire de ce maudit tube et pourtant, ils parviennent sans aucun problème à réfléchir et à nous amuser de leurs chorégraphies multiples et imprévisibles. Existe-t-il plus belle attitude face à l’adversité ? "

Temps d’arrêt. Andreea Apostu

Andreea Apostu: "Après une décennie, j'ai recommencé à écrire de la poésie, donc je pourrais dire que le confinement du corps à la maison a été accompagné par un déconfinement intérieur. L'extimité s'est donc traduite dans mon cas par la mise en texte du soi, par la littérature. Je me suis presque entièrement dévoilée – un processus parfois impudique, mais libérateur. L’acte d’écrire a été, je crois, un mécanisme de défense psychologique."

Temps d’arrêt. Stéphane Lambion

Stéphane Lambion: "je pense que le sentiment de traverser une crise collective a permis de relativiser la notion d’intimité et la pudeur qui l’accompagne habituellement – le raisonnement étant plus ou moins le suivant : puisqu’il existe un virus qui nous met collectivement face à ce qu’il y a de plus intime (le rapport à la mort), je peux bien partager des choses de mon intimité – m’extimer – sans que cela paraisse impudique ou déplacé (au contraire, un tel partage ne peut que renforcer le sentiment de collectivité).

Le fait que beaucoup se soient confrontés à l’expérience de l’extimité par la création est une très belle chose."

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