Temps d’arrêt. George Bodocan BODO

"Deux jours après le déconfinement, je suis allé en mobylette jusqu’au bord de l'océan, à 100 km de chez moi. Je voulais regarder l’horizon, regagner et ressentir une certaine sensation d'infini, de liberté. (...) S’il y a six mois on pouvait encore rêver qu'on va revisiter la Lune bientôt, après ce virus qui nous a mis à l'arrêt je me rends compte qu'il y a encore pas mal de choses à régler sur la Terre. "

Temps d’arrêt. Stéphane Lambion

Stéphane Lambion: "je pense que le sentiment de traverser une crise collective a permis de relativiser la notion d’intimité et la pudeur qui l’accompagne habituellement – le raisonnement étant plus ou moins le suivant : puisqu’il existe un virus qui nous met collectivement face à ce qu’il y a de plus intime (le rapport à la mort), je peux bien partager des choses de mon intimité – m’extimer – sans que cela paraisse impudique ou déplacé (au contraire, un tel partage ne peut que renforcer le sentiment de collectivité).

Le fait que beaucoup se soient confrontés à l’expérience de l’extimité par la création est une très belle chose."

Temps d’arrêt. Grégory Rateau

"Dans ce climat de repli sur soi national, de paranoïa générale, d’inégalités criantes, de chômage pour les uns, nous l’avons vu, les tensions y sont allées bon train. Certains ont préféré tout banaliser, hurler sur les réseaux sociaux, allant même jusqu’à dénaturer le sens des mots dictature, privation de nos libertés, état policier, sans se demander une seconde quoi en faire de cette fameuse liberté. Il est vrai qu’une dictature nous aurait sans doute privés du droit même de nous en offusquer."

Temps d’arrêt. Florentina Postaru

Florentina Postaru:
"En bas, j’entends le postier qui continue courageusement sa distribution. Il vient livrer notre nouvelle imprimante. L’ancienne a rendu l’âme au moment de nous offrir nos précieuses autorisations de sortie.
Je me précipite pour tout désinfecter, le contenu comme le contenant et chasser la moindre trace de virus. Si nous avions encore du papier l’imprimante fonctionnerait parfaitement.

Une fois par semaine nous partons en expédition « courses pour manger ». J’ai appris à Vincent comment bien faire la queue avant l’ouverture du magasin et tous les deux, nous nous amusons à revivre mon enfance sous Ceausescu: on laisse le sac attendre à notre place avant de s'éloigner discrètement sans le perdre de vue.

Miracle! Aujourd’hui nous avons trouvé de la farine."

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