L’Incontournable «Histoire de la Transylvanie » par Ioan-Aurel Pop et Ioan Bolovan

Au cœur de la Roumanie, la Transylvanie. Ce nom à résonance historique et mythique à la fois parle de lui-même, surtout à travers sa belle étymologie : « Transylvanie » désigne un pays qui se trouve « au-delà (« trans ») de la forêt (« silvam ») ». L’expression est apparue en 1075, pour la première fois, dans une charte écrite en latin, et sous une forme archaïque : « ultra silvam ». On peut lire ces détails émouvants dans un excellent ouvrage, incontournable pour tout lecteur qui aimerait apprendre plus sur la Roumanie centenaire : Histoire de la Transylvanie par Ioan-Aurel Pop et Ioan Bolovan, traduit du roumain par Liana Lapadatu, pour les éditions Raphael de Surtis. L’éclairage que le professeur émérite Alain Vuillemin apporte dans la Préface et la touche poétique de la Postface rédigée par l’écrivain Dinu Flămând font ressortir encore plus la portée double, historique et symbolique, d’une étude impressionnante qui traverse deux millénaires d’événements et de faits qui ont conduit à la Roumanie centenaire et à l’Europe d’aujourd’hui.

Véritable événement éditorial, le livre arrive à Bruxelles et au Parlement européen grâce à l’Association Limenas de Bistrita, dans le cadre du projet ArtRo100 conçu par l’écrivain Marcel Seserman (Mircea Malut). Déroulé entre 3 et 10 décembre 2018 à Bruxelles, le programme est soutenu par Le Ministère de la Culture et de l’Identité Nationale de Roumanie.Istoria Transilvaniei_coperta

Ioan-Aurel Pop, Ioan Bolovan, Histoire de la Transylvanie. Traduit du roumain par Liana Lapadatu, Editions Raphael de Surtis. Préface par Alain Vuillemin – Postface par Dinu Flamand. Ouvrage publié dans la Collection « Doïna », dirigée par Alain Vuillemin et Roxana Bauduin.

La collection « Doïna » se propose de promouvoir la culture roumaine dans l’espace francophone à travers la publication d’études académiques, de récits, de romans, de poésie et d’albums d’art.

Alain Vuillemin, Professeur Émérite des Universités, Laboratoire « Lettres, Idées, Savoirs » de l’Université Paris-Est :

« À la suite de la conquête de la Dacie, au nord du Danube, la contrée a été une province de l’empire romain de 106 à 256. En 271, le retrait des troupes romaines des territoires situés au nord du Danube devient définitif. Du IIIème au XIIIème siècle, de multiples invasions se succèdent, germaniques, hunniques, avares, slaves, bulgares, magyares, ossètes, Petchenègues, coumanes, tatares et mongoles. En 1111, le royaume de Hongrie qui avait été fondé en 1001 crée une province militaire, le « voïvodat » ou gouvernorat de Transylvanie, en réunissant une quinzaine de petites entités indépendantes en une région distincte du royaume mais vassale du roi de Hongrie, à sa frontière sud-ouest avec l’empire byzantin. Ce statut de « voïvodat » ou de principauté autonome dure jusqu’au début du XVI° siècle. De 1526 à 1541, la Transylvanie connaît une brève période d’indépendance puis devient, de 1541 à 1699, une principauté vassale de l’empire d’Autriche. De 1711 à 1867, elle est érigée en un Grand-duché autonome à l’intérieur de l’empire, et administrée par des gouverneurs au nom de l’empereur d’Autriche. De 1867 à 1918, l’autonomie est supprimée et la Transylvanie est intégrée à la Hongrie, dans le cadre de la monarchie austro-hongroise. Le 1er décembre 1918, à l’issue de la Première guerre mondiale, la Transylvanie devient une partie intégrante du royaume de Roumanie, ce qui est confirmé en 1920 par le traité du Trianon. Depuis, son histoire se confond avec celle de l’État roumain avec une brève parenthèse, pendant la Seconde guerre mondiale, en 1940 et 1944, pendant laquelle la partie nord de la Transylvanie redevint temporairement hongroise.

Les auteurs ont voulu retracer une histoire très tourmentée, le passé d’une région qui a été fort différent de ce qui s’est produit en d’autres parties de l’Europe, ceci pour mieux essayer de cerner ce qui confèrerait un caractère unique à la société transylvaine, en la Roumanie et en l’Union Européenne, en ce début du XXI° siècle. Située en lieu de rencontres entre les religions orthodoxes, catholiques, protestantes, juives et à un carrefour d’influences, à la croisée des langues romanes, germaniques, slaves et finno-ougriennes, « la Transylvanie », disent les auteurs, « est en quelque sorte une Europe en miniature ».

(Préface, pages 12,13)

Conclusion

« C’est une région, unique en Europe, où une église byzantine peut se trouver à proximité d’une basilique romane, d’une église gothique ou baroque, ou même d’une synagogue ! Elle est aussi le seul lieu où un édifice religieux orthodoxe se trouve à quelques pas d’un établissement cultuel gréco-catholique, romano-catholique, calviniste, luthérien ou unitarien. C’est un fait qui parle plus de cohabitation pacifique que de conflits et c’est le message que ce livre veut transmettre : connaître le passé non pas pour en tirer amertume ou vengeance mais pour se réconcilier et vivre en bonne intelligence. »

(Ioan-Aurel Pop, Ioan Bolovan, Histoire de la Transylvanie. Traduit du roumain par Liana Lapadatu, Editions Raphael de Surtis, page 350.)

Dinu Flămând, écrivain :

« À travers ce livre, nous sommes devant une Histoire factuelle de la Transylvanie, quelque peu miraculeuse si l’on pense qu’il s’agit de l’une des très rares études contemporaines dédiées à cet important territoire européen. Il s’attache à mettre en lumière le processus de constitution d’une entité collective transylvaine, composite, qui s’exprime à travers la littérature, les arts, les écoles, les institutions, les héros, les saints. Jusqu’à présent, l’Histoire de la Transylvanie a surtout constitué un terrain d’affrontements politiques et idéologiques, parfois radicaux. Cet ouvrage nous aide à découvrir l’histoire de ce territoire trop méconnu ou mal connu, caché, dirait-on, au sein de la forêt de son propre nom. Tout ceci afin de mieux en déceler ses clairières… »

(Postface, page 351)

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