La résurrection de Cioran. Sa «moïeutique »

Parmi les dernières approches qui interrogent pertinemment les œuvres du philosophe, l’étude signée par Mihaela-Gențiana Stănișor, La moïeutique de Cioran (Classiques Garnier) ose s’attaquer à un Cioran bifrons et analyser d’une manière intime ce qui différencie la création en langue roumaine et les écrits en langue française. On dit bien d’une manière intime, parce que, maitre-assistante à l’Université Lucian Blaga de Sibiu, au centre de la Roumanie, Mihaela-Gențiana Stănișor, spécialiste de Cioran et de littérature française du XVIIème siècle, a non seulement une grande sensibilité littéraire et un vif esprit analytique, mais bilingue, elle peut décortiquer en mille nuances les « constances et surtout les différences » que connait l’art littéraire de Cioran à travers le changement de langue.

Divagations avec Cioran, le prophète de l’isolement. Deux inédits.

Cioran, exquis compagnon de confinement. Lorsque, de surcroît, le temps devient un surplus inespéré, l’injonction d’embrasser le chez soi comme la seule frontière sociale admissible retentit hélas comme un écho cioranien par excellence. Mais, jubilation paradoxale, on ne s’ennuie jamais avec Cioran, le prophète de l’isolement. Deux inédits:

Radu Bata, Le blues roumain. Une anthologie insolite de poésies roumaines.

Radu Bata, poète et traducteur, a osé le dire et son hérésie est splendide : « il n’y a pas de hiérarchie dans la poésie ; il n’y a que l’émotion et le plaisir. » 57 de poètes roumains et leurs 100 poèmes, toutes époques confondues, se retrouvent ensemble, dans un caléidoscope poétiquement jubilatoire qui porte bien son nom : Le blues roumain. Anthologie imprévue de poésies roumaines, dans la traduction « inopinée » de Radu Bata, publiée par les éditions Unicité.

« Pour le prix de ma bouche ». Poésie roumaine post-communiste.

Rien que répertorier « les familles » littéraires et leurs poétiques et c’est la vivacité de la poésie roumaine qui saute aux yeux, toutes époques confondues : les poètes sont « postmodernes » ou « fracturistes », « néo-expressionnistes » ou « minimalistes », « hyperréalistes » ou « déprimistes ». De cette « floraison poétique » que la critique « a du mal à cartographier », le traducteur Jan H. Mysjkin transpose en français une belle brochette de 25 poètes roumains d'aujourd'hui.

Matei Vișniec, le Marchand de premières phrases

Désormais, pour écrire un livre, il y a des logiciels et surtout des patchs que l’on colle à même la peau afin de capter nos tressaillements de vie et les transposer en pages couvertes d’une écriture parfois intensément érotique. Une affaire... littéraire, racontée par Matei Vișniec. Troublant.

Troubadours d’une langue à l’autre. Les poèmes de Rodica Draghincescu

Le roumain et le français font l’amour et enfantent. Tout poème de Rodica Draghincescu porte en creux ce mot de passe - l’être e(s)t lettre -, et les mots offrent leurs maux (de pays) en libre-service : 2 en 1, si vous voulez bien, pile et face en même temps, surtout si vous êtes entre deux – deux cultures, deux contrées, deux langues, deux amours, deux âges.

Dictature – mode d’emploi, l’humour en bonus. Un album pétillant de Florentina Postaru et Serge Bloch

Peut-on parler d’un humour d’inspiration roumaine ? Situations cocasses et ironie sans mordant font ressortir le comique absurde de toute une époque. A l’instar de ce délicieux tableau de rue où, en hiver, en prenant exemple sur le couple des dictateurs, tout un chacun baladait fièrement son animal hissé sur la tête : des chapkas de mouton, un renard blanc en guise de jolie coiffe, des lapins blancs qui jaunissent…Florentina Postaru et Serge Bloch signent ensemble un ouvrage pétillant d’esprit, mode d’emploi du quotidien sous un régime totalitaire, raconté à hauteur d’enfant.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :